CAHIER SPECIAL
First published in L’aventure chrétienne
Dorothy Irvin, après avoir obtenu ses grades universitaires aux Etats-Unis, a étudié à l’Institut catholique de Paris, à Tübingen et à Jérusalem. Elle a obtenu son doctorat en théologie catholique de la Faculté catholique de Tübingen (Allemagne) en 1971. Elle a enseigné à Tübingen et dans plusieurs universités américaines. Pendant 5 ans elle a occupé le poste d’éditeur pour le Journal of Ecumenical Studies.
Elle a publié un livre ainsi que de nombreux articles dans le domaine théologique et biblique. Ses contributions au plan archéologique sont parues dans Biblisches reallexikon et International Standard Biblical Encyclopédie. Elle a également contribué à l’ouvrage à paraitre : Oxford Encyclopedia of Archaeology in the Near East. Depuis 10 ans, elle fait partie de l’équipe d’excavation, le « Madaba Plains Project », entreprise archéologique en Jordanie.
Il y a fondamentalement deux types de sources pour étudier la question de l’ordination des femmes dans l’Eglise primitive. Le premier et le plus répandu, est celui du matériau écrit c’est-à-dire des textes. Le deuxième renvoie à l’archéologie : inscriptions, fresques, mosaiques. Chaque type d’approche a ses avantages et désavantages. Etant donné la prolixité des textes, ceux-ci semblent nous donner plus d’informations que les témoins iconographiques, les inscriptions ex-voto ou les épitaphes sur les pierres tombales. Mais ces derniers ont un intérêt supérieur aux textes en ce sens qu’ils reflètent ce qui fut véritablement vécu dans les communautés chrétiennes de l’époque.
Contrairement au Talmud, au Nouveau Testament ou aux écrits des premiers théologiens chrétiens, ces restes visuels de la période paléo-chrétienne ne sont pas de nature didactique. Ils ne proposent aucun argument, aucune idéologie pour ou contre une pratique particulière ; ils ne cherchent pas à la justifier ni à la condamner, et n’invoquent pas Dieu pour garantir une conformité aux normes établies. Les témoins graphiques nous disent tout simplement ce qu’on faisait. Un deuxième avantage réside dans le fait que ceux-ci ne sont pas sujets aux mèmes dommages que ceux subis par les textes quand on les manipule pour les étudier(1). C’est donc cette deuxième source d’information qui sera prise en compte ici.
Il existe des inscriptions appliquées aux femmes, qui renvoient aux différents titres de chefs ; elles ont leur origine dans les synagogues des derniers siécles avant Jésus-Christ et se sont poursuivies parallèlement dans l’Eglise primitive. Il est difficile alors de dire si les inscriptions en question proviennent des communautés juives ou chrétiennes.
Et il n’est peut-être pas nécessaire de le savoir, car le passage entre les deux religions ne fut ni abrupt ni hostile. En effet, le terme « synagogue » ne reflète pas les distinctions introduites ultérieurement à ce qui leur a permis de servir également, à l’époque, comme désignation des lieux de rassemblements juifs ou chrétiens. Généralement, on admet que les femmes n’avaient pas le mème accés que les hommes aux études ou aux postes de leadership dans les synagogues. Les titres grecs pour les chefs de synagogue furent multiples : « présbyteros », « pater synagoges » ou « archisynagogos ». Or un certain nombre d’inscriptions, dans l’Orient aussi bien que dans l’Occident, se référent aux femmes qui ont joui de ces titres.
« archisynagogos »
Une inscription de pierre tombale à Smyrne, qui remonte au IIIe siécle ou plus tard, nomme la personne qui a construit le tombeau. Il se peut mème qu’elle y soit enterrée : à Rufina, la femme juive, « archisynagogos », a construit ce tombeau pour ses esclaves libérés et pour ceux qui furent élevés dans sa maison. Personne d’autre ne peut y être enterré… à L’inscription est complétée par la mention de la peine qui attend toute personne non autorisée qui chercherait à y être enterrée, et par le rappel que la copie de l’inscription est déposée auprès du bureau des archives de la ville (2).
A Myndos, dans la région de l’Egée, une stèle qui remonte au VIe siécle fut découverte dans les fouilles d’un bâtiment qui, après avoir servi comme synagogue, est devenu une église. Comme pour les plaques dans nos églises actuelles, l’inscription enregistre les noms de ceux qui ont contribué à la construction ou à l’agrandissement du bâtiment. La stèle de Myndos atteste le don de « Theopempta » archisynagogos, et celui de son fils, Eusebius . La forme féminine du nom « Theopempta » et de l’adjectif possessif, dit clairement que le « chef de syna-gogue » dont il s’agit ici est une femme (3). Commentant les titres de chef de synagogue ou de « presbytera » attribués aux femmes, certains historiens expliquent que ces titres ne s’appliquent pas réellement aux femmes, car les responsabilités de leadership(4) leur furent interdites.Il est remarquable que cet argument, que sa circularité rendrait inacceptable dans d’autres domaines, semble être généralement accepté ici. C’est un argument qu’on ne doit pas oublier, car il va réapparaitre lorsqu’on parlera du titre spécifiquement chrétien d’évèque comme étant applicable également aux femmes.
Ceux qui refusent l’idée que les femmes ont été ordonnées dans l’Eglise primitive ont surtout recours à l’idée que les femmes romaines prenaient, parfois, le titre des postes occupés par leurs maris dans la cité. On oublie cependant de dire que les titres en question ne furent pas simplement honorifiques puisqu’on a reconnu chez ces femmes un réel pouvoir de décision aussi bien que le droit d’employer le sceau de leur mari durant son absence ou en cas d’urgence.
Pour faire objection à l’idée que cette explication (selon laquelle les femmes n’auraient joui que de titres honorifiques) est la seule possible, précisons quelques points importants :
1) Ces inscriptions sont antérieures à l’époque où on a commencé à employer le nom de famille, comme nous le faisons aujourd’hui. Par conséquent, les hommes dans les inscriptions sont identifiés par la formule « fils de ». Pour les femmes, ce qu’on ajoute à la mention du prénom est importante. Une femme non mariée est désignée comme « la fille de ». Une femme mariée, pour des raisons économiques et sociales, est identifiée plutôt comme « l’épouse de », car elle n’appartient plus à la maison de son père, mais à celle de son mari. On peut également la désigner en ajoutant à son prénom la formule « mère de » ou d’autres formules descriptives qui la distinguent des femmes ayant le mème nom. Ces variations ne sont pas indifférentes. Etant donné que les formes du nom pour les femmes mariées ne renvoient pas à un « nom de famille », on pourrait dire, pour certaines, qu’elles n’ont pas de mari vivant. Ce constat est renforcé par l’argument qui suit et dont l’évidence interne est due aux pratiques propres au monde gréco-romain.
2) Dans le monde gréco-romain, une femme n’aurait pas eu les moyens à sa disposition pour agrandir une synagogue ou construire un tombeau pour ses esclaves. Elle n’aurait mème pas pu être propriétaire d’esclaves. Normalement, les femmes n’étaient pas des héritières car la propriété était transférée du père au fils. Toutefois, cette pratique admettait des exceptions. S’il l’avait voulu, un homme aurait pu faire son testament en faveur de sa femme ou de sa fille. Dans ces cas-là, l’héritiére était libre de gérer sa propriété ou d’en faire don. Des inscriptions juives et chrétiennes fournissent également des exemples de femmes qui avaient les moyens financiers pour doter leur synagogue (5). Une inscription de Phocée en Ionie dit que la femme Tation a construit une synagogue à ek ton idion �, c’est-à-dire avec son propre argent. Pour la remercier, la communauté l’a récompensée avec une couronne d’or et l’honneur de la « proedria », c’est-à-dire le droit de s’asseoir à la place d’honneur pendant le culte.
Donner de l’argent pour un projet tel que la construction d’une grande synagogue ou d’un tombeau familial était un acte juridique important au plan financier, ce dont l’inscription est l’attestation officielle. Une femme qui gérait son propre argent ou en avait fait don (comme, par exemple, à une synagogue), jouissait d’une capacité juridique. Ainsi, tout titre rattaché à son nom lui appartenait-il réellement car il l’identifiait comme acteur légale-y ment reconnu. C’est pourquoi, dans le cas du tombeau de Rufina, l’inscription fut enregistrée dans les archives de la ville : « L’archisynagogos » Rufina est autorisée à enterrer les décédés dans son tombeau.
Il est important de garder à l’esprit le fait que le leadership religieux des femmes est parfois lié à son soutien financier de la communauté, comme dans le cas de F « archisynagogos » Theopempta, de Tation avec son droit de « proedria » et de femmes propriétaires et bienfaitrices des églises domestiques de l’époque primitive chrétienne.
« Pater synagoges »
Selon sa pierre tombale, Veturia Paucla est morte à l’age de 86 ans. Pendant 16 ans, elle fut catéchumène. Puis, recevant le nom de « Sara », elle est devenue la « mater » de deux syna-gogues, celle de « Campus » (le Champ de Mars) et celle de « Voluminius » (6).
Frey relève des inscriptions gravées en grec sur deux pierres tombales de femmes. La première indique : � Le tombeau de Véronique [ou un nom approximatif], presbytre [possessif féminin] et fille de Joses. � (7) La deuxième renvoie à � Faustina, presbytre [possessif féminin]. Shalom � (8).
Ces inscriptions sont parmi celles qui attestent le plus clairement que les femmes portaient ces titres dans le judaisme, dans le judaisme chrétien et le christianisme primitif. D’autres exemples existent aussi. S’ils sont moins explicites, ils sont également intéressants.
Pour terminer ce premier point, si les femmes que nous venons de voir portaient en droit le titre de « presbytre », nous pouvons nous demander comment on désignait l’épouse décédée d’un homme ayant eu un titre de fonction. Pour répondre, rappelons ce que nous avons dit sur les « noms de famille » dans le cas des femmes. Une femme mariée est identifiée par le nom de son mari. Elle est la « sumbios de « , la « gune de » ou la « coniux de ». Une inscription à Jaffa sur le tombeau d’une femme mariée à un homme ayant un titre, dit : « Rebecca, épouse de Rufinis, messager » Dans ce cas, le titre est rattaché au nom de son mari, il n’est pas donné à sa femme comme titre « honorifique ». Ceci est clairement indiqué dans le grec originel qui emploie le possessif masculin pour « messager » et qui s’accorde avec le nom de Rufinus (9).
Ces traditions épigraphiques du monde méditerranéen n’ont pas changé pendant des siécles. Un exemple tardif se voit dans la mosaique de « Theodora episcopa » au-dessus de la porte est de la chapelle Zeno dans la basilique romaine de Sainte-Praxedis (voir plus loin la photo). La mosaique présente quatre têtes de femmes : les trois premières à droite sont celles de la Vierge Marie et de deux saintes, Pudentiana et Praxedis, filles d’une famille romaine qui a doté la première église construite sur ce site. La figure à gauche, portant une auréole carrée est reconnue par son titre incorporé dans la mosaique. Son nom, Théodora, dont les deux dernières lettres ont été cassées par les ravages du temps, est indiqué en ligne verticale à côté de l’image. Au-dessus de sa tête, en lettres horizontales se lit le titre « episcopa » qui est la forme grammaticale féminine pour un évèque. Elle est honorée d’une auréole carrée pour montrer qu’elle était vivante au moment de la fabrication de la mosaique. Il est vrai que l’inscription comporte seulement son nom et son titre, mais sa place à côté des deux saintes, Prudentiana et Praxedis, fait comprendre clairement qu’elle fut la personne qui contribua à la réparation et l’agrandissement d’une église originellement fondée par sainte Praxedis. Cette conclusion est soutenue, d’une part, par le fait que la fonction de telles inscriptions dans les synagogues et dans les églises n’a guère varié dans le monde ancien pendant de longs siécles, et d’autre part, par le Liber Pontificalis qui attribue la reconstruction de cette église au pape Pascal I, fils de Théodora « episcopa », au IXe siécle (10).
De mème qu’on explique les inscriptions accordant aux femmes le titre d’ « archisynagogos » comme étant une simple référence à leur statut d’épouse plutôt qu’un titre qui leur était dévolu en propre, de mème le titre d' »episcopa » donné à une femme chrétienne est considéré comme étant une référence à son statut d’épouse d’évèque. La raison de cette explication, ce serait de nous informer que certaines chrétiennes étaient mariées à des évèques (cette conclusion nous semble hâtive, car la briéveté des inscriptions ne permet guère des interprétations « in extenso »). Evidemment, il est difficile pour les historiens de penser que les femmes dans l’Eglise primitive ont eu cette charge. Dans le cas de Théodora, « episcopa », leur explication est encore moins convaincante que d’habitude, car sa coiffe montre clairement qu’elle ne fut pas mariée.
Théodora n’est pas la seule femme « episcopa » connue à partir des inscriptions. Joan Morris en propose plusieurs ! exemples, précisant le fait à pour ceux qui auraient quelques doutes concernant le sexe de la personne en question � que les pierres tombales indiquaient la forme féminine de l’épitaphe : « (hono) rabilis feminia episcopa. » (11)
Quittons la question des femmes qui portaient des titres de ministres ordonnés pour parler de celles en train de remplir les devoirs correspondants. Prenons l’exemple de l’eucharistie, considérée par la théologie post-tridentine comme le sacrement qui fait partie de la définition mème du sacerdoce.
Les catacombes romaines fournissent une importante matière intéressante sur ce point, dont seulement quelques aspects seront examinés ici, notamment les fresques eucharistiques de la fin du premier siécle et celles du deuxième (les fresques du IVe siécle illustrant des « agapes » ne seront pas traitées dans le contexte présent. Elles ne sont pas pertinentes pour notre sujet. En effet, elles sont non seulement différentes des fresques primitives, mais aussi leur interprétation théologique reste problématique).
Il semble bien qu’on n’a jamais mis en doute la nature eucharistique des scènes découvertes par Josef Wilpert (12) au tournant du siécle présent. La principale caractéristique qui les définit est la présence de sept paniers à gauche et à droite de la scène centrale. Ces paniers, rappelant la multiplication des pains et des poissons, étaient symboliques de l’eucharistie dans l’Eglise primitive.
Quant aux sept femmes représentées dans la fresque « Fractio Partis » des catacombes de Priscille, à ma connaissance, personne jusqu’ici n’a suggéré que les véritables célébrants étaient les maris de ces femmes…
Contrairement aux six premières, la dernière figure assise au bout de la table n’est pas allongée sur des coussins, mais se distingue par une position droite et a ses deux mains étendues sur le pain comme pour sa fraction. On peut alors penser qu’elle est la célébrante principale (la main droite de plusieurs femmes dans la fresque, levée dans la direction du pain, laisse entendre un culte concélébré). Ce que dit Wilpert dans son rapport sur cette figure est significatif car, croyant qu’il s’agissait d’un homme, il a nettoyé la surface de cette ancienne et fragile peinture, toute la boue et mème les stalactites, dans l’espoir de trouver une barbe qui, en fait, n’existait pas (13). De plus, la coiffure de la figure en question n’est pas différente de celle des femmes qui célébrent avec elle. En fin de compte, c’est l’argument concernant la jupe qui est le plus décisif. Selon les fresques de Pompéi, la jupe d’un ouvrier arrivait légèrement au-dessus des genoux, tandis qu’un « col blanc » portait une jupe qui descendait entre les genoux et les mollets. Contrairement à l’homme, la femme portait la jupe jusqu’aux chevilles. Quand elle était débout, sa jupe arrivait à quelques centimètres au-dessus du sol. Or, en ce qui concerne la figure célébrant dans la fresque de Sainte-Priscille, sa jupe clairement visible dans les meilleures photographies entoure les chevilles (14). Impossible de se tromper : l’artiste a voulu peindre une femme…
Pour ceux qui ne veulent pas accepter les témoins archéologiques (ou textuels) comme évidence que l’Eglise primitive ordonnait des femmes, l’argument concluant serait de dire que tous ces témoins émanent de la secte hérétique montaniste qui, en effet, ordonnait des femmes. On peut comprendre comment une certaine logique induirait une telle position, mais je ne trouve aucune évidence archéologique pour la soutenir. Evidemment, quand les spécialistes de notre époque étudient les premiers siécles de l’Eglise, ils ont l’avantage de la distance qui leur permet de dire plus facilement quels groupes de chrétiens furent ou non hérétiques. Mais, sur la question précise, par exemple, de l’exclusion progressive des femmes du ministère ordonné. Mais aussi, malheureusement comme eux, elle ne connait pas jusqu’ici l’écoute attentive que méritait sa recherche soignée sur des sources importantes au sujet des femmes ordonnées.
On peut espérer alors que le débat actuel sur la question des femmes et de l’ordination au presbytérat et à l’épiscopat, tiendra compte en toute rigueur de la « Tradition » à laquelle le catholicisme prétend accorder une place incontournable.
NOTES
1. Joan Morris in Pope Joan et Ida Raming notent des changements apportés aux manuscrits qui cherchent à diminuer la participation des femmes dans la vie de l’Eglise.
2. Frey, II, no 741. S. Reinach, �Inscription grecque de Smyme. La juive Rufina�, Revue des àtudes juives,7, 1883, 161-166.
3. Frey, II, no 756. Reinach, �La pierre de Myndos�, Revue des études juives, 42, 1901, 1-6.
4. Par exemple, Frey et E. Schurer in Geschichte des jüdischen Volkes im Zeitalter Jésus Christi, 3 vol., Leipzig, 1901. Réimprimé par Hildesheim, New York : George Olms Verlag, 1970. II, 511-12 ; III, 88. Repris par L. Swidler, Women in Judaism: The Status of Women in Formative Judaism, Metuchen, New Jersey, The Scarecrow Press, 1976, 92-93.
5. Frey II, no 740. Aussi no 762 et 763, � ek tes idios proich�s � (« de son propre héritage »), no 766, � ek ton idion kai ton sunkatathemen�n chremasin �, (�de leurs propres moyens et de leurs contributions�). Luc 8,3 � ek ton huparch�nton autais �, (�out of their (f) own means �).
6. Frey I, no 523. Apparemment une variante de ce titre est dans le no 606, � alexan(d)ra pateressa �.
7. Frey I, no 581.
8. Frey I, no 597.
9. Frey II, no 949.
10. Guide de la basilique de Sainte-Praxedis. Si on se demande pourquoi le pape Pascal I a choisi de restaurer cette église, il semble de bon sens qu’il ait voulu participer à la réfection d’une église (dont sainte Praxedis fut titulaire) où sa mère était évèque.
11. Morris, 6-7.
12. Wilpert. Planches, Part I, pl. 15, 1, 2, 41, 1.
13. J’ai examiné toutes les photographies que j’ai pu rassembler, anciennes et récentes, en noir et blanc et en couleurs, mais je ne vois aucune trace d’une barbe. Au contraire, s’il y a quelque chose à remarquer, le menton est plus clair que le reste à ce qui laisse entendre qu’on l’a gratté. Joan Morris, qui a vu la fresque originelle, dit que la tête donne l’impression d’avoir été « frottée au papier de verre ».
14. J’ai fait l’expérience pour savoir si une jupe arrivant juste au-dessus ou au-dessous des genoux, touchait les chevilles d’une personne assise. La réponse est évidemment négative. Joan Morris affirme que la longueur de la jupe dans le cas présent montre qu’il s’agit d’une femme.
15. Brooten, �Junia�.
16. Un livre récent a fait le tour de la question (mais d’une façon insuffisamment soignée) : Roger Gryson, Le ministère des femmes dans l’ancienne Eglise, Gembloux, J. Duculot, 1972. Traduit en anglais sous le titre : The Ministry of Women in the Early Church, Liturgical Pr. 1976.
Bibliographie
* Brooten, Bernadette, Junia… Outstanding Among the Apostles (Rm 16,7), manuscrit non publié, 1976.
* Frey, Jean-Baptiste, Corpus Inscriptionum ludaicarum. Recueil des inscriptions juives qui vont du IIIe siécle avant Jésus-Christ au VIIe siécle de notre ère, 2 vol., le Vatican, Institut pontifical d’archéologie chrétienne, 1936,1952.
* Morris Joan, The lady was a Bishop: The Hidden History of Women with Clérical Ordination and the Jurisdiction of Bishops, New York, Macmillan, 1973. Publié en Angleterre sous le titre : Against Nature and Against God, Londres, Macmillan, 1978.
* Raming, Ida, Der Ausschluss der Frau vom priesterlichen Amt. Gottgewollte Tradition oder Diskriminierung? Bine rechts-historisch-dogmatische Untersuchung der Grundlagen von Kanon 968. des Codex luris Cononici, Cologne, Bohlau Verlag, 1973, publié en anglais sous le titre : The Exclusion of Women from the Priesthood: Divine Law or Sex Discrimination?, Metuchen, New Jersey, Scarecrow Press, 1976.
* Schaefer, K. Heinrich, Die Kanonissenstifter im deutschen Mittelalter. Ihre Entwicklung und innere Einrichtung im Zusammenhang mit dem alchristlichen Sanktimonialen-tum, Kirchenrechtliche Abhan-dlungen 43, 44, Stuttgart, Verlag von Ferdinand Enke, 1907. Re-imprimé à Amsterdam : Verlag P. Schippers, 1965.
* Wilpert, Josef, Die Malereien der Katakomben Roms, 3 vol., Freiburg, Herder, 1903.
